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 Il court, il court, le furet... [pv Némésis]

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AuteurMessage
Tenebris fille de Lux
Plutôt bon
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Fiche Personnelle
Race: Chat-garou
Groupe: Sans racines
Puissance magique:
450/1000  (450/1000)

MessageSujet: Il court, il court, le furet... [pv Némésis]   Sam 9 Juin - 15:26

La petite silhouette progressait dans la foule tel un saumon remontant le courant d'une rivière tumultueuse. Elle affrontait les courants, tentait de s'y glisser mais sans succès, additionnant échec sur échec, choc sur choc, sans pour autant chercher un autre chemin où attendre une trêve pour poursuivre sa route. Elle avançait simplement, entêtée. Les gens s'attendant à ce qu'elle s'écarte de leur passage la bousculait sans ménagement, ne s'excusant qu'après coup ou crachant quelques sarcasmes sur la jeunesse des rues d'aujourd'hui qui se croyait reine. L'enfant si elle les entendait n'y prêtait aucune attention. Elle avançait droit devant elle, la tête haute et un petit bout de langue rose vif dépassant entre ses lèvres pulpeuses comme pour se moquer du monde, bien que ses yeux n'expriment pas même l'once d'une joie. En vérité, son regard était d'une clarté obscure dérangeante, une sorte de miroir opaque qui ne reflétait ni âme, ni vie, ni âme qui vive. Il y avait juste ce vide plein, cette froideur humide qui semblait inconsciente sans être morte, comme plongée dans un coma naturel qui l'aurait poursuivit de la naissance jusqu'à maintenant, et qui l'accompagnerait sans doute encore jusqu'à ce que les papillons blancs qui veillaient sur les deux perles nacrées se referment pour ne plus s'ouvrir. Un frisson fit trembler la lèvre d'un petit garçon qui venait de se faire harponner par les pupilles grises de l'étrange créature à peine plus grande que lui. Tel une poupée articulée ne pouvant lutter contre le destin que lui imposaient ses ficelles, Tenebris redressa la tête en ignorant - dans tous les sens du terme- l'expression terrifiée des curieux qu'elle laissait derrière elle, se laissant ballotter par le courant sans manifester la moindre réaction ni le moindre mal-être. Chaque contact la faisait ricocher jusqu'à l'obstacle suivant, sa progression devenant une valse longue et douloureuse dont le cavalier changeait à presque chaque pas.
Un sourire fantomatique fleurit sur les lèvres de la créature. Drôle de danse qui semblait ne jamais prendre fin, drôle d'enfant qui ne faisait rien pour que cela cesse, et drôle de vie où la vue et le toucher n'étaient qu'un seul et même sens...

Sans prévenir, Tenebris tourna brusquement sur sa droite, sans se soucier le moins du monde du juron que poussait un homme chargé de cageots divers, lesquels avaient bien failli se déverser sur la petite insouciante. Focalisée sur son but, elle s'engagea dans une ruelle déserte avec une assurance infaillible, tel Thésée suivant le fil d'Ariane à travers le dédale, plaçant toute sa confiance en son instinct qui lui soufflait que l'amour de la belle ne permettrait aucune tromperie, à la différence près que sa piste à elle n'avait rien de matériel, et que ce n'était pas exactement en son instinct qu'elle plaçait sa confiance, mais plutôt en son odorat. Cela faisait des heures qu'elle parcourait les rues encombrées de la ville, s'appliquant à décrypter l'odeur de chaque passant qu'elle bousculait pour en tirer les informations qu'elle convoitait : la localisation des œufs de dragons exposés au palais, rien de moins ! En effet, à peine était-elle arrivée à Ilirea quelques heures plus tôt qu'elle n'avait eu de cesse de pouvoir toucher ces fameux œufs dont parlait l'empire tout entier. Elle savait pertinemment qu'il ne se passerait rien quand elle effleurerait les coquilles de ses doigts griffus, néanmoins sa curiosité la poussait en avant et l’incitait à traverser la foule malgré sa légère agoraphobie et la saturation de ses quatre sens qui l'assaillait sans prévenir dans ce genre de lieux bruyants, restreints et emplis d'odeurs en tout genre plus désagréables les unes que les autres. 

La migraine coutumière de fin de journée vint se propager dans l'esprit de Tenebris qui préféra ne pas l'ignorer, midi venant à peine de passer. Elle avait trop forcé ce matin, entre sa route pour rejoindre la capitale et ses heures passées à se cogner dans les rues tout en exacerbant son odorat pour trouver ce satané palais ! Poussant un lourd soupir, la créature se laissa glisser contre un mur sale pour s’asseoir à même le sol, tout en enfouissant son visage enfantin dans ses petites mains griffus sans se soucier de ses cheveux blancs qui s'emmêlaient contre le crépis. Avec une douleur pareille, il était évident qu'elle ne tiendrait pas l'après-midi entière sans se rouler par-terre et se frapper la tête contre les murs. Elle devait faire une pause, et réfléchir, comme toutes les fois où ses crises la prenaient. Après cent cinquante ans passés à faire la grimace suite à un trop plein d'efforts, Tenebris avait appris à accepter sa souffrance et à la canaliser grâce à une respiration lente et mesurée. Le tout était de se concentrer sur le point douloureux pour le localiser avec précision. Puis elle se visualisait en train de le prendre entre ses mains, comme s'il avait-été un coquelicot de flamme à prendre avec mille précaution pour ne pas le froisser, sans quoi elle risquait de se brûler les coussinets. Quand elle le sentait en son pouvoir, elle le faisait glisser lentement le long de son crâne, puis de ses vertèbres, énumérant chacun de ses membres comme le faisait sa mère lorsqu'elle lui faisait sa toilette au temps où elle n'était qu'un chaton.

Elle venait à peine de nommer sa dix-huitième caudale quand soudain sa vigilance la tira de sa transe comme un coup de fouet, la faisant immédiatement se remettre sur ses pieds en montrant les crocs vers l'impudent qui avait osé l'approcher d'un peu trop près. En l'espace d'une demi-seconde, elle savait tout ce qu'elle avait besoin de savoir de l'inconnu : Plus grand d'elle d'une tête, il avait les membres noueux, son haleine sentait le liquide-froid-qui-brûle et à en juger par son brusque sursaut, il la pensait endormie. Un sourire plein de crocs menaçants fendit le visage de la chatte-garou. Dans sa patte droite, l'humain mâle tenait son pendentif doux-et-froid que sa mère lui avait offert avant son départ. Il s'agissait de Son collier, Son trésor à Elle !

Le bipède avait fait l'erreur de sa vie en le lui retirant, et peut-être venait-il de le comprendre car soudain ses membres se mirent à trembler. Vive comme la foudre, Tenebris bondit en avant pour récupérer son bien toutes griffes dehors, mais déjà les jambes du voleur étaient prises de folie et l'emmenaient à toute vitesse dans la rue bondée qui conduisait au palais. Grognant de rage, l'aveugle se jeta sur ses traces, la gueule entrouverte, les narines dilatées pour ne pas perdre la piste et la silhouette à demi-courbée bien qu'elle n'osa pas se transformer en chat en pleine rue pour ne pas se faire marcher dessus par les représentants de cette race d'empotés qui lui barraient la route. Jouant des pieds et des mains, elle se faufila entre les hommes et les femmes, ignorant les cris mécontents qui éclataient comme des bulles de savon derrière elle, trop concentrée qu'elle était pour ne pas perdre la trace de son voleur. Elle l'avait presque rattrapée quand soudain une silhouette se retrouva pile face à elle. Déstabilisée, Tenebris pila net et tenta de se glisser sur le côté pour ne pas rentrer dans la personne qui lui faisait obstacle, sans succès. Ses pieds nus dérapèrent dans une flaque d'eau boueuse et la chatte-garou aveugle s'effondra sur l’individu femelle elfe qui lui barrait la route. Emportée par sa vitesse, elle la précipita au sol mais réussi à ne pas lui tomber dessus grâce à une violente secousse du bassin qui la propulsa sur le côté. La chute lui coupa le souffle tandis que ses genoux et ses mains s'écorchaient sur les pavés. Sonnée, elle resta un instant au sol, tremblant sous le choc. Ses pensées commencèrent par aller vers l'Elfe qu'elle avait fait tomber.

* Je vous présente mes excuses, Dame Elfe, un bipède m'a fait du tort, il faut que... *

Chancelante, Tenebris se redressa pour reprendre sa course mais ses jambes se dérobèrent à nouveau sous son poids, l’entraînant une fois de plus dans la poussière. Frustrée de perdre tant de temps, elle tendit une main ensanglantée dans la direction du fuyard en poussant un miaulement mi-haineux mi-désespéré. Sa proie était en train de lui échapper. Une fois de plus, elle tenta de se mettre sur ses jambes engourdies...

* ... je le rattrape ! *
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